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Portrait du bassin versant

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La rivière Yamaska se mérite le très peu enviable titre d'affluent du Saint-Laurent le plus pollué. La qualité de l'eau y est identifiée, par le ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), de mauvaise à très mauvaise sur presque toute la longueur du bassin versant. Elle prend sa source dans le lac Brome et se jette dans le fleuve, plus de 160 kilomètres en aval, à la hauteur du lac Saint-Pierre.  

La rivière Yamaska et ses tributaires ont pris leur lit dans les Basses terres du Saint-Laurent et dans les Appalaches, suite au retrait graduel des glaciers et de la mer de Champlain. C'est entre 10 000 et 8 000 ans avant J.C. qu'on retrouve les premières manifestations humaines sur le territoire québécois. Les Iroquois et les Abénaquis auraient été les premiers à naviguer sur la rivière Yamaska. Ces nations amérindiennes ont occupé par petites bandes, le bassin versant. En langue abénakise, Yamaska signifie " là où pousse les joncs ", faisant ainsi référence à son embouchure, le marais de la baie de Lavallière.

 

Milieu physique

Le bassin versant de la rivière Yamaska couvre une superficie de 4 784 km2 et est drainé par trois principaux tributaires : les rivières Noire, Yamaska Nord et Yamaska Sud-Est . Il s'étend de Cowansville jusqu'à Yamaska, en passant par Farnham, Granby et Saint-Hyacinthe.

 

Réseau hydrographique

 

Le réseau hydrographique de la rivière Yamaska possède une forme allongée dans laquelle les principaux tributaires se situent au sud du bassin versant. Ces tributaires possèdent une forme très ramifiée. Leur densité est plus importante à l'ouest et au sud du bassin versant, en raison de la création et/ou de la modification des cours d'eau pour des fins agricoles. Le territoire comprend plusieurs plans d'eau naturels et artificiels. Les principaux plans d'eau du bassin sont les lacs Roxton, Shefford et Yamaska ainsi que les réservoirs Choinière et Boivin.
 
Climat

Le bassin versant de la rivière Yamaska bénéficie de conditions climatiques parmi les plus clémentes au Québec, en raison de sa position géographique. Ce climat peut être qualifié de continental tempéré et il est caractéristique du sud du Québec. Le territoire reçoit une moyenne annuelle de 1 121 mm de précipitations et compte de 125 à 150 jours de précipitation. Les fortes précipitations se produisent principalement en période estivale. La région se caractérise par 2 600 à 2 800 UTM soit environ 2 000 degrés/jours de croissance où la température est supérieure à 5°C. Enfin, les vents dominants sont généralement du sud-ouest.

Relief

Le bassin versant recoupe deux grandes régions physiographiques : les Basses terres du Saint-Laurent et les Appalaches. La région des Appalaches se divise elle-même en deux sous-régions représentant 35 % de la superficie du bassin. La sous-région du plateau appalachien représente 4 % du territoire du bassin versant et se caractérise par des collines boisées. L'altitude moyenne y est supérieure à 300 m et la vocation de cette portion du bassin est essentiellement récréotouristique. La deuxième sous-région est appelée le piémont. Elle se situe dans la portion sud, sud-est du territoire. Elle correspond à une bande de 10 km de largeur, traversant le bassin selon un axe nord-est, partant d'Acton Vale vers le sud-est (Cowansville). Dans ce secteur, l'altitude diminue graduellement des Appalaches vers les Basses terres du Saint-Laurent, passant de 250 à 60 m. Cette région présente un relief qualifié d'ondulé à fortement ondulé.

District écologique

Le territoire est entièrement compris dans la forêt tempérée nordique (zone de végétation) et décidue (sous-zone de végétation). À un niveau inférieur, le domaine et le sous-domaine bioclimatiques sont représentés par l'érablière à caryer cordiforme et par l'érablière à tilleul.

Pédologie

Les dépôts marins se retrouvent sur une grande portion du bassin versant et sont caractérisés par une topographie aplanie ainsi que par une faible piérosité). Leur formation est attribuable à la présence de la mer de Champlain. Ces dépôts, constituant des sols meubles et très fertiles, représentent généralement un milieu très favorable à l'agriculture.

Les dépôts d'origine glaciaire (ou dépôts morainiques) abondent également dans le bassin versant. Ils sont moins favorables à l'agriculture, en raison de leur forte piérosité et de leur drainage variable. Certains de ces dépôts représentent de bons substrats pour la construction de route ou de bons milieux de croissance pour les essences forestières.

Faune et flore

Le bassin versant de la rivière Yamaska étant situé au sud du Québec, une grande variété d'espèces végétales et animales y est représentée. Plusieurs y atteignent la limite nord de leur distribution. En fonction des saisons, la faune et la flore sont très différentes. D'autre part, l'importante activité humaine est responsable de l'introduction d'espèces non indigènes. La modification des habitats par l'utilisation humaine des écosystèmes naturels est responsable du statut précaire de plusieurs espèces.

Le bassin versant de la Yamaska chevauche deux grands domaines écologiques : l'érablière à caryer cordiforme et l'érablière à tilleul. Dans le contexte de développement urbain et agricole, les forêts de la région ont presque entièrement été exploitées de façon intensive depuis les débuts de la colonisation. Ainsi, les boisés restants se trouvent sur les sites les moins propices à l'agriculture. Les érablières ont été exploitées pour la production acéricole et pour le bois de chauffage, alors que les autres peuplements ont été convertis en pâturages ou en terres agricoles. Ces perturbations ont modifié la composition des peuplements forestiers et les forêts sont jeunes et de petite superficie. Le bassin versant touche une région particulièrement riche en communautés végétales. Ces communautés supportent un grand nombre d'espèces, dont certaines sont rares au Québec.

Les espèces menacées ou vulnérables

Le bassin versant comporte un grand nombre d'espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables. La banque de données de la Direction de la conservation et du patrimoine écologique du Québec signale la présence possible de nombreuses espèces : 62 plantes, quatre batraciens, un reptile et huit oiseaux. Par contre, les données colligées dans cette banque n'ont pas donné lieu à des inventaires subséquents afin de confirmer la présence actuelle de ces espèces.

Les espèces nuisibles

L'introduction d'espèces non indigènes constitue un autre facteur qui modifie la qualité et l'intégrité des écosystèmes. Nous présentons ici le cas d'une espèce introduite dans l'écosystème aquatique de la rivière Yamaska, soit la moule zébrée (Dreissena polymorpha). Bien que la tanche (Tinca tinca) et le gobie à tache noire (Neogobius melonostomus) n'aient pas encore été recensés dans le bassin versant de la rivière Yamaska, il est possible que ces espèces y parviennent puisque les réseaux hydriques du Richelieu et du Saint-Laurent, où on trouve ces espèces introduites, communiquent avec le bassin de la Yamaska.

Socio-économique

Le développement socio-économique du bassin versant est lié aux particularités historiques et biophysiques du territoire. C'est pourquoi les grandes villes se concentrent aux abords des cours d'eau du bassin de la Yamaska. On estime que près de 250 000 personnes vivent à l'intérieur des limites du bassin, répartis dans plus de 90 municipalités (voir tableau en annexe). Ceci représente approximativement 4% de la population du Québec. La densité de population est de 52 personnes/km2 - à titre comparatif, la densité est de 115 p./km2 pour la Montérégie, de 3551 p./km2 à Montréal et de 25 p./km2 pour Lanaudière. 

L'agriculture et l'élevage intensif affectent particulièrement l'utilisation du territoire pour la portion des basses terres et le piedmont. Le secteur Appalachien possède pour sa part une vocation essentiellement touristique.

En 1994, 144 000 personnes étaient desservies par les stations de traitements des eaux usées (62% de la population). Un nombre important de résidences et de chalets sont non raccordés à un réseau d'égout (environ 34 500 habitants). Sur le territoire, on retrouve 950 entreprises manufacturières dont 110 sont jugées potentiellement polluantes par le MENV. Heureusement, 80% des effluents des industries potentiellement polluantes font l'objet d'un traitement avant d'être rejetés dans un cours d'eau.

 Le secteur récréotouristique se concentre principalement autour des grands plans d'eau : lac Waterloo, Brome, Roxton, Davignon et réservoir Choinière. Les activités recoupent la navigation de plaisance, la baignade et la pêche sportive. Il est important de noter la présence d'un parc de conservation (Parc de la Yamaska), d'une piste cyclable (" 100 km), de 21 terrains de golf, de 31 terrains de camping, de 2 centres de ski alpin et de nombreux autres attraits qui font la renommée de la région. 

Pour ce qui est du secteur agricole, on retrouve 3814 fermes. Ainsi, les superficies de cultures sont très importantes (207 041 ha). La production animale est aussi prépondérante. En 1995, la vocation principale du territoire est agricole, soit 52,4 % du bassin. Cette superficie correspond aux terres cultivées (céréales, maïs, soya, cultures spécialisées ou foin), aux terres en labours, aux pâturages et aux friches. Les zones urbanisées, villes et routes, représentent approximativement 3 % de la superficie. Le territoire forestier couvre près de 43 %. Enfin, 8 % de la superficie est occupée par l'eau et la végétation aquatique.

Utilisation du territoire

L'utilisation des berges

L'utilisation des berges des principales rivières du bassin versant de la Yamaska a fait l'objet d'une étude menée par la Direction des écosystèmes aquatiques MENV (1995). Cette étude visait à caractériser les bandes riveraines sur une largeur de 30 m, aux abords des rivières Yamaska, Yamaska Sud-Est, Yamaska Nord et Noire.

 

 

Le secteur municipal

Le bassin versant touche à trois régions administratives. La majeure partie, soit 84 %, est située dans la région administrative de la Montérégie. Au sud-est, le bassin englobe une partie (8,2 %) de la région de l'Estrie, alors qu'au nord-est, le territoire touche la région du Centre-du-Québec dans une proportion de 7,8 %. Au total, on dénombre 12 MRC, comprises en tout ou en partie dans le bassin de la Yamaska, ce qui correspond à huit des 15 MRC de la Montérégie (53 %), à deux MRC de la région de l'Estrie et à deux du Centre-du-Québec.

Les villes les plus peuplées et les plus industrialisées sont Granby, Saint-Hyacinthe et Cowansville. Les municipalités de Acton Vale, de Bromont, de Valcourt et de Farnham comptent également des entreprises importantes. Les 100 établissements industriels qui rejettent leurs eaux de procédés dans le bassin - dons considérées comme potentiellement polluants - appartiennent au secteur agroalimentaire, de la transformation métallique, des textiles, de la chimie et du bois.

Répartition des MRC sur le bassin versant de la rivière Yamaska
(4784 KM2 = 478 400 HA)

 

La qualité de l'eau

Le climat et les caractéristiques physiques du bassin versant constituent les facteurs naturels qui affectent la composition physicochimique de l'eau. Celle-ci est d'abord influencée par la source de chaque cours d'eau : ruissellement de surface, nappe souterraine ou lac. De plus, au fur et à mesure que l'eau chemine dans le bassin, sa composition est modifiée par les différentes activités ayant lieu sur le territoire, comme par exemple l'agriculture, l'urbanisation et l'industrialisation. Pour en savoir plus sur les différents types de polluants cliquez ici.  

Les fertilisants

L'apport d'azote et de phosphore enrichit les cours d'eau et mène éventuellement à leur eutrophisation. Les principales sources de matières fertilisantes sont les égouts municipaux, les installations septiques ainsi que l'activité agricole. Les effets d'une surfertilisation sur l'écosystème aquatique sont nombreux. Par exemple, la présence de phosphore et d'azote favorise la croissance des végétaux aquatiques. L'eutrophisation, phénomène de vieillissement prématuré des cours d'eau, se caractérise par une prolifération d'algues et de plantes aquatiques, ce qui mène à la mort d'un lac, à plus ou moins long terme. L'eutrophisation diminue aussi l'esthétique d'un cours d'eau en lui donnant une coloration brunâtre ou verdâtre.

Depuis 1979, la qualité des eaux du bassin versant de la rivière Yamaska s'est améliorée en raison des interventions d'assainissement urbain, industriel et agricole. Par contre, en 1997, l'évaluation de la qualité des eaux varie toujours de bonne, dans certains secteurs, à mauvaise ou très mauvaise sur presque toute la longueur . Les secteurs en amont sont moins pollués alors que au fur et à mesure que l'eau sillonne le bassin, elle est enrichie par les matières fertilisantes d'origine agricole et urbaine et contaminée par les rejets industriels.

Dans les sous-bassins à forte vocation agricole, la qualité de l'eau est affectée par la surfertilisation, par l'érosion des sols et par l'utilisation non appropriée de pesticides. Les eaux y sont très turbides, présentent des traces de pesticides et sont sujettes à l'eutrophisation.

La pression urbaine est également importante près de Saint-Hyacinthe et de Granby. En aval des villes, l'eau est chargée de matières nutritives malgré la mise en place des stations d'épuration. Le débordement de certains réseaux d'égouts municipaux contribue à augmenter cette charge. Enfin, l'étude du ministère de l'Environnement révèle la présence de substances toxiques dans la chair des poissons. C'est notamment le cas en aval des villes à caractère industriel telles Bromont, Cowansville, Granby et Saint-Hyacinthe qui sont sources de plomb, de mercure, de cadmium et de BPC. Les communautés de poisson montrent des signes de perturbation et la chair des poissons est contaminée. Ainsi, ces villes sont des sites préoccupants vu la présence de substances toxiques d'origine industrielle.

En fait, selon le ministère de l'Environnement, la rivière Yamaska est l'affluent du Saint-Laurent le plus pollué. Les cours d'eau du bassin versant présentent des signes d'eutrophisation, provenant d'un apport massif de matières nutritives d'origine urbaine et agricole. Aux niveaux urbain et industriel, les pressions continuent d'être importantes, notamment à Granby et à Saint-Hyacinthe. La présence de contaminants dans l'eau et dans la chair des poissons est reliée à la présence d'industries. La qualité de l'eau du bassin versant de la rivière Yamaska reflète la vocation agricole du territoire ainsi que les pressions d'origine

L'érosion

L'érosion des sols est l'un des principaux facteurs responsables de l'apport de matières en suspension dans les cours d'eau. Elle résulte du déplacement des particules de sol sous l'action du vent (érosion éolienne) ou de l'eau (érosion hydrique). Ce phénomène occasionne le transfert d'une quantité importante de sols fertiles vers les cours d'eau.


Bien qu'elle soit naturelle, l'érosion peut être accentuée par certaines pratiques culturales. Par exemple, le travail en profondeur du sol altère sa structure et réduit la grosseur des particules, ce qui rend la parcelle plus vulnérable à l'érosion. Pour leur part, toutes les cultures qui laissent le sol à nu avec moins de 30 % de résidus après semis, favorisent également les phénomènes d'érosion. En effet, le sol n'est plus protégé et retenu par les résidus de végétation.

Les effets de l'érosion et, par voie de conséquence l'augmentation des matières en suspension (MES) dans les cours d'eau, sont multiples. Une quantité élevée de MES dans l'eau diminue la photosynthèse, affectant d'autant la croissance des autres organismes. La sédimentation des MES modifie le lit des cours d'eau, ce qui peut réduire la qualité des frayères et diminuer à long terme le débit des cours d'eau en les envasant. Dans certains cas, le phénomène est si important qu'il exige le nettoyage des cours d'eau afin de faciliter l'évacuation des eaux de pluie. Une grande quantité de MES diminue également la qualité esthétique de l'eau et rend difficile le traitement de l'eau potable, tout en réduisant l'efficacité de la désinfection. Finalement, des engrais et des pesticides se lient souvent aux MES. Une fois dans l'eau, ces substances se dissocient des MES et se retrouvent dans l'écosystème aquatique et mène graduellement vers l'eutrophisation.

L'érosion se répercute aussi sur la productivité agricole (perte de sols fertiles) et sur la qualité de l'eau. Pour limiter ses effets, certaines mesures ont été développées. Les méthodes les plus populaires sont la couverture d'herbe permanente, les cultures de couverture d'hiver, les haies brise-vent et les résidus de culture au sol. Considérant l'importance des superficies cultivées dans le bassin versant, l'érosion du sol doit être considérée comme une priorité majeure. Il est impératif d'employer des pratiques culturales qui la limitent. À cet effet, des secteurs d'intervention prioritaire de lutte à l'érosion ont été ciblés par le ministère de l'Environnement et par les auteurs du portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, ce qui devrait faciliter l'établissement d'un plan d'action pour le bassin de la Yamaska. De plus, les producteurs peuvent recourir aux clubs conseil en agroenvironnement afin d'obtenir de l'information à ce sujet.

Les productions animales

La production animale est un secteur très important de l'agriculture dans le bassin versant de la rivière Yamaska. La concentration élevée d'animaux dans certaines zones et l'augmentation du cheptel ont contribué à faire augmenter la quantité de déjections animales. Ainsi, les producteurs doivent gérer des quantités considérables de fumier et de lisier.

Malheureusement, les mesures de valorisation des engrais organiques ne sont pas toujours employées adéquatement. Une des avenues pour recycler les déjections animales consiste à épandre le fumier et le lisier sur les terres en culture. Or, l'épandage d'une trop grande quantité de fumier solide ou liquide ou l'emploi de techniques non appropriées sont susceptibles de contaminer les cours d'eau et les puits individuels. Par ailleurs, la production animale nécessite la construction de structures d'entreposage des déjections animales. Ainsi, des structures inadéquates, c'est-à- dire non étanches ou remplies au delà de leur capacité de rétention, peuvent directement contribuer à la contamination des cours d'eau par l'écoulement des surplus.

Les zones d'activités limitées

Dans le bassin versant de la rivière Yamaska, 40 municipalités, situées dans les MRC d'Acton, de la Haute-Yamaska et les Maskoutains, se trouvent dans des zones d'activités limitées. C'est-à-dire que ces municipalités ne possèdent pas les superficies nécessaires à l'épandage des déjections animales produites. Par conséquent, il y a des risques que les terres soient sursaturées. À cet effet, une coopérative de gestion des déjections animales a été mise en place, ce qui permet aux producteurs d'acheminer leurs surplus vers d'autres régions afin d'y engraisser les sols. De plus, on doit souligner la mise en place des clubs agroenvironnementaux, encadrés techniquement et financés par le MAPAQ, ont été mis en place. Les producteurs s'y regroupent et tentent de modifier leurs pratiques agricoles. Ces organismes proposent plusieurs techniques visant à diminuer la contamination, tant ponctuelle que diffuse, par les fumiers et les lisiers.  

Conclusion

Pour conclure, la géographie physique particulière de la région et son climat créent des conditions qui justifient sa vocation agricole. Ce qui fait que le bassin versant de la rivière Yamaska un des jardins les plus productifs du Québec. Par ailleurs, le fait d'être situé au sud du Québec contribue à expliquer la grande diversité floristique et faunique observée. Cependant, les pressions exercées sur les écosystèmes ainsi que l'introduction d'espèces non indigènes ont contribué à rendre précaire le statut de certaines espèces tout en favorisant l'augmentation des populations d'autres espèces plus tolérantes.

En matière de problématiques environnementales, nul doute que la qualité de l'eau constitue un enjeu majeur, la rivière étant considérée comme ayant la pire qualité de l'eau au Québec. Bien que de nombreux efforts ont été déployés afin d'en améliorer sa qualité, particulièrement au niveau des sources de pollution ponctuelles, les efforts devront dorénavant portés sur les sources de pollutions diffuses. C'est ainsi que la notion de territoire (bassin versant) prend toute son importance. On ne peut plus considérer la problématique de l'eau uniquement lorsqu'elle séjourne dans le lit du cours d'eau principal et dans ceux de ses tributaires mais sur l'ensemble de sa trajectoire : le territoire du bassin versant. Par ailleurs, les autres problématiques environnementales devront être davantage définies à l'échelle des bassins versants.

Il importe d'agir, de développer une conscience collective ainsi qu'un sentiment d'appartenance à l'égard de notre héritage naturel. Aujourd'hui, cet écosystème se fragilise et devient sensible aux moindres variations. Les lacs vieillissent à un rythme accéléré. Les fertilisants tels que l'azote et le phosphore qui se retrouvent dans les lacs et cours d'eau peuvent créer des problèmes d'eutrophisation.

Mais le problème majeur reste certainement l'érosion des terres. On estime en effet que pas moins de 310 000 tonnes de sédiments provenant de la rivière Yamaska se retrouvent chaque année dans le fleuve Saint-Laurent. C'est l'équivalent de 12 400 voyages de semi-remorques ou 31 000 camions de 10 roues.

 

Problématiques du bassin versant de la Yamaska
MARS 2005

Suite à nos consultations publiques tenues en novembre et décembre 2004 sur le territoire du bassin versant de la rivière Yamaska, le comité Plan directeur de l'eau (PDE) a recommandé au conseil d'administration de l'OBV Yamaska d'entériner les 5 problématiques suivantes comme étant prioritaires sur le territoire :

  • Conformité des installations septiques (Réglement Q.2,r-8)
  • Érosion des terres : protection des rives, respect de la bande riveraine
  • Déboisement excessif
  • Perte des milieux humides
  • Qualité des effluents industriels et municipaux

 

  • Dans le bassin versant de la Yamaska, il y a :
  •  
  • 3 814 fermes
  • Plus de 200 000 ha en culture
  • Plus de 300 000 unités animales (porcs 54%, bovins 32% et volailles 12%)
  • 17 plages publiques
  • 21 terrains de golfs
  • 14 sites archéologiques
  • 250 sites et monuments historiques
  • Des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables (62 espèces de plantes, 4 espèces d'amphibiens, 8 espèces d'oiseaux)
  • Près de 35 000 personnes dont le chalets ou résidences ne sont pas raccordées à un réseau d'égout
  • 149 barrages de plus de 1 mètre de hauteur

 

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