Protection des cours d’eau - Des golfs plus « verts »

Protection des cours d’eau
Des clubs de golfs plus « verts »
Granby, 19 avril 2011 – Avec l’arrivée du printemps, plusieurs Québécois retrouvent avec plaisir leur parcours de golf préféré. La nouvelle saison est également l’occasion de souligner certaines initiatives vertes comme celles du Club de Golf de Waterloo et du Club de Golf Lac Brome.

 

Un golf sans phosphore ni phosphates aux abords du ruisseau Frost
En 2009, la nouvelle direction du Club de golf de Waterloo a banni les produits chimiques utilisés pour l'entretien des parcours. Un an plus tard, la MRC de la Haute-Yamaska effectue des analyses d’eau à la demande des Amis du bassin versant du lac Waterloo. Les données récoltées indiquent une baisse importante des concentrations de phosphore dans le ruisseau Frost ce qui semble confirmer que les efforts de l’entreprise ont porté leurs fruits.

Les propriétaires Joslin Coderre et Isabelle Lisé se sont inspirés des pratiques des clubs de golf californien. Cette philosophie verte d'entretien de parcours n'est pas gratuite. En entretien avec Michel Laliberté de la Voix de l’Est, M. Coderre a dit dépenser 50 000$ de plus chaque année pour fonctionner de cette façon.

Ils n’ont toutefois pas l’intention de s’arrêter là. En 2011, ils entreprennent de récupérer le phosphore dans les vingt-sept étangs du parcours à l’aide de plantes aquatiques. Des années d’épandage auraient permis à quatre pieds de sédiments riches en phosphore de s’accumuler dans le fond de ses étangs. «On a réglé le présent, on va s'attaquer maintenant au passé», a dit M. Coderre à la Voix de l’Est.

Consulter l’article de Michel Laliberté paru le 15 avril dernier dans la Voix de l’Est

Certification Audubon : faune et flore à l’avant-plan au Club de Golf Lac Brome
En opération depuis 1997, le Club s'est joint dès sa conception à la section internationale du programme de golfs sanctuaires d’Audubon International. Cet organisme à but non lucratif existe depuis près de 20 ans et fait la promotion d’une bonne gestion écologique au moyen de programmes d’éducation et de certification pour les terrains de golf.

Le Club de Golf Lac Brome

En entrevue à la Vie en vert, Claude St-Pierre, l’architecte du club explique la démarche du Club : « Une des caractéristiques les plus intéressantes du Club de Golf Lac Brome, c’est vraiment la construction de bassins de récupération de l’eau de ruissellement. Ce sont des lacs artificiels construits pour irriguer le terrain. » Les bassins servent à fournir de l’eau pour arroser le golf et le système de drainage est conçu pour ne pas rejeter l’eau d’irrigation dans les cours d’eau avoisinants. Une bande riveraine d’environ 9 mètres a été préservée près du ruisseau pour éviter que les produits polluants finissent par aboutir dans le cours d’eau.

André Langlois, surintendant du Club de Golf du Lac Brome, précise que « ce qui distingue principalement un golf « vert» d’un golf « classique » c’est surtout la gestion de l’eau et les techniques d’entretien du golf qu’on appelle les pratiques culturales. On tente le plus possible de faire les choses différemment sur l’ensemble du terrain.»

Dès le départ, on a conservé des bandes de forêts et des nichoirs ont été installés tout au long du parcours pour accueillir les hirondelles au printemps. Il n’est pas rare de rencontrer des canards et des oies sauvages sur le parcours et d’entendre le chant des pics-bois.

Il n’y a aucun épandage de pesticides autour des lacs et on évite les applications préventives. « Quand on s’aperçoit que les verts sont atteints par une maladie quelconque, on attend avant de voir comment le gazon va réagir avant de traiter. On n’interviendra que si le problème s’aggrave. » Poursuis André Langlois. Dans un golf classique, on peut faire des traitements préventifs jusqu’à 2 semaines à l’avance.

On arrose tôt le matin plutôt que la nuit pour éviter le développement de maladies. On a sélectionné des graminées de gazon plus résistantes à la sécheresse et on fixe la hauteur de coupe des pelouses au niveau le plus élevé possible afin de réduire les problèmes d’insectes et de maladies.

Toutes ces mesures combinées ont permis de réduire l’utilisation de fongicides (le type de pesticide le plus utilisé par les golfs surtout pour les verts) et le nombre de surfaces traitées. Des économies substantielles qui rendent l’entretien d’un golf vert moins coûteux que celui d’un golf classique : 30 % moins cher au Golf Lac Brome.

Regarder le reportage Pascale Tremblay diffusé lors de l’émission du 11 mars 2009 de la Vie en vert

Ailleurs au Québec : huit clubs de golfs des Laurentides revégétalisent leurs bandes riveraines
Afin de contribuer à l’effort général de protection des rives, huit clubs de golf ont signé une entente de bassin avec la MRC des Pays-d’en-Haut, les municipalités d’Esterel, Morin Heights, Piedmont et Sainte-Adèle ainsi que l’Organisme de bassin versant de la rivière du Nord (Abrinord).

En 2007, la MRC des Pays-d’en-Haut a adopté un règlement modifiant son schéma d’aménagement afin de rendre obligatoire la revégétalisation des rives artificialisées.

« Les épisodes d’algues bleu-vert de 2006-2007 ont fait prendre conscience à l’ensemble des citoyens de l’importance de préserver la pérennité de nos lacs et cours d’eau » explique M. Charles Garnier, préfet de la MRC des Pays-d'en-Haut. Et de poursuivre, « les golfs présents sur le territoire de la MRC des Pays-d’en-Haut, qui sont sans contredit des acteurs importants dans l’économie et la prospérité de la région, sont également interpellés par la protection à long terme des plans d’eau ».

Les propriétaires de golfs ont d’abord participé au processus de consultation qui a permis à la MRC des Pays-d'en-Haut d’élaborer un plan de renaturalisation des rives spécifiques à chaque terrain de golf.

« Nous avons rencontré tous les golfs à plusieurs reprises pour trouver les meilleurs compromis entre la « jouabilité » des parcours et la protection des eaux. Et le tout dans un cadre règlementaire nouvellement adopté » ajoute Joël Badertscher, conseiller en environnement à la MRC des Pays-d'en-Haut.

Entrée en vigueur le 8 décembre 2010, la nouvelle réglementation spécifique aux golfs stipule que « sur l’ensemble des terrains de golf localisés sur le territoire de la MRC des Pays-d'en-Haut […] toutes les rives devront être renaturalisées sur une distance minimale de dix (10) mètres à partir de la ligne des hautes eaux de tout plan d’eau (lac, étang et cours d’eau) ayant un lien hydrologique (naturel ou non) avec le réseau hydrique ». Des dispositions spéciales dans les parties du parcours de golf où la « jouabilité » ne peut pas être garantie ont été prévues dans les plans de renaturalisation. Les golfs se sont par ailleurs engagés à sensibiliser leurs membres et joueurs aux bien-fondés des bandes riveraines.

Communiqué original