Adaptation aux changements climatiques - Projet « Espace de liberté »

Adaptation aux changements climatiques
Projet « Espace de liberté »
Granby, 2 mars 2011 – La tendance naturelle des rivières à se déplacer au fil du temps fait l’objet d’une nouvelle initiative sur quelques cours d’eau du Québec dont la Yamaska Sud-Est. Impliquant de nombreux partenaires, le projet « Espace de liberté » pourrait bien créer une petite révolution dans la façon de gérer nos cours d’eau.

 

Un nouveau mode de gestion des cours d’eau
Préserver un espace de liberté où la rivière et ses méandres peuvent se déplacer apparaît aujourd’hui fondamental. Avec les changements climatiques, les événements de précipitations extrêmes sont plus fréquents et la dynamique des cours d’eau change. Les risques d’inondation sont accrus et les débits d’étiage sont encore plus faibles, et la gestion des cours d’eau doit évoluer en conséquence.

La gestion des cours d’eau mise beaucoup à l’heure actuelle sur la stabilisation des berges avec des techniques naturelles. Au lieu de contraindre le cours d’eau à évoluer dans un corridor modifié par les interventions humaines, une approche de gestion des cours d’eau basée sur le concept d’espace de liberté est de plus en plus proposée.

Il s’agit de définir l’espace requis par le cours d’eau pour évoluer librement. On identifie d’abord les espaces d’inondabilité et de mobilité qui forment ensemble l’espace de liberté du cours d’eau. On laisse ensuite évoluer ce dernier dans ces espaces plutôt que de le contraindre à évoluer dans un corridor façonné par les interventions humaines.

L’approche semble relativement simple sur papier, mais en pratique l’espace de liberté d’une rivière est très souvent contraint par certaines activités humaines, comme l’artificialisation des berges ou la construction d’infrastructures routières. Certaines sont réversibles, et on pourra donc y remédier, d’autres non, ou beaucoup plus difficilement :

1 - Des travaux d’enrochement ou des digues, effectuées dans le passé pour protéger un ouvrage (ex. : route) ou une zone urbaine, empêchent l’érosion naturelle de la rivière. Lorsque le contexte le permet, on peut déplacer la digue après avoir réaménagé les zones riveraines en zones inondables.

2 - S’il n’existe pas de digue pour isoler une carrière d’un cours d’eau, on pourra la remblayer pour éviter sa capture lors d’une crue qui modifierait le tracé du cours d’eau.

3 - Des maisons situées en zone inondable. Dans certains cas, elles peuvent être déplacées après concertation et indemnisation des riverains.

4 - La route bloque la mobilité du cours d’eau. Elle est difficilement déplaçable, il est donc préférable d’éviter de la construire dans cet espace.

5 – Le pont sur lequel passe la route entrave la dynamique de la rivière. Il est également difficilement déplaçable.

Tiré du site web de l’Agence de l’eau Seine Normandie

Le projet « Espace de liberté »
Le projet « Espace de liberté : un cadre de gestion intégrée pour la conservation des cours d’eau dans un contexte de changements climatiques » étudiera les rivières Laroche, Yamaska Sud-Est et Matane. Il permettra d’obtenir des cartes d’inondabilité pour les crues pour le climat actuel et futur, des cartes d’espace de mobilité, une analyse coûts-bénéfices de l’implantation de l’approche par espace de liberté et une analyse du rôle des milieux humides et de l’écoulement souterrain.

Les méandres de la rivière Yamaska Sud-Est (Photo : OBV Yamaska)

Une fois les cartes d’espaces de liberté produites, des enquêtes auprès des riverains et des consultations auprès de la population concernant les modalités de mise en place de corridors riverains sont prévues. Un forum d’usagers impliquant la plupart des ministères provinciaux, de même que des représentants des municipalités et des organismes de bassins versants, sera aussi créé en marge du projet.

Le projet de recherche est piloté par Pascale Biron de l’Université Concordia, en collaboration avec l’UQAM et l’UQAR. Un financement de OURANOS de 300 000 $ a été confirmé. La MRC Brome-Missisquoi, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), Parish Géomorphic, le Centre d’expertise hydrique du Québec et le ministère de la Sécurité publique (MSP) sont partenaires du projet. Les travaux débutent en mai 2011 et s’étendront jusqu’au printemps 2013.

Pour information
Simon Lajeunesse
Coordonnateur régional des cours d’eau
MRC Brome-Missisquoi
Tél.:   450 266-4900, poste 227
slajeunesse@mrcbm.qc.ca