Gestion des sels de voirie - Projet pilote de « quartiers blancs » à Granby

Gestion des sels de voirie
Projet pilote de « quartiers blancs » à Granby
Granby, 30 novembre 2010 -  Afin de diminuer l’utilisation de sels toxiques pour les travaux de voirie, certaines municipalités revoient leur politique en matière de déneigement. C’est dans cette optique que Granby met en branle cet hiver un projet de « quartiers blancs ».

Dans les quartiers blancs, les automobilistes doivent adapter leur conduite (photo : OBV Yamaska)

Un quartier blanc est un secteur où aucun sel n’est répandu sur les voies de circulation. Des abrasifs (petites pierres fracturées) les remplacent et l’épandage se fait sur un fond de neige durcie principalement aux intersections, dans les courbes et les côtes. Cette substitution n'est pas parfaite et les automobilistes doivent  nécessairement adapter leur conduite. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'à Granby, des panneaux d'avertissement ont été positionnés dans chacun des 3 quartiers blancs de la municipalité.

Des sels toxiques
Très efficaces sur les routes, les sels et leurs additifs s’accumulent toutefois dans l’environnement. Notamment dans les eaux de surface, dans le sol et dans les eaux souterraines. Chaque année ce sont quelque 5 millions de tonnes de sels qui sont épandus au Canada, dont 1,5 au Québec seulement. Leurs effets négatifs sur le sol, la végétation, la faune et les habitats aquatiques ont été bien documentés par Environnement Canada qui les a d’ailleurs classés comme produits toxiques depuis 2001 dans le cadre de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (cliquer ici pour plus de détails).

Des sels coûteux*
L'épandage de sels en hiver a pour avantage de garder les routes ouvertes et sécuritaires même dans les conditions climatiques les plus difficiles. Ces bénéfices ont toutefois un coût, à commencer par celui lié à l’achat du sel qu'on estime à environ 50 $ la tonne en moyenne et auquel il faut ajouter les coûts d'équipement et de main-d’œuvre, ce qui ferait grimper les coûts à environ 320 $ la tonne de sel épandu.

À ces dépenses, il faut ajouter les coûts indirects liés à la détérioration des infrastructures routières comme les ponts. La puissance corrosive du sel affecte également les automobiles et représenterait environ des coûts de 170 $ par année par voiture (coût de dépréciation d'un véhicule due à la corrosion saline + coût des traitement préventif).

Il y a aussi les impacts environnementaux du salage qui entraînent également des frais :

  • En milieu urbain, les arbustes, arbres et pelouses sont directement affectés par le sel ce qui entraîne des coûts de remplacement
  • La contamination puits situés en bordure de route entraîne régulièrement des poursuites et des frais supplémentaires pour les municipalités
  • Les sols pollués par le sel doivent être traités avec du gypse à coût total estimé à 475 $ par hectare par année

Finalement, il ne faut pas oublier les impacts du salage sur l'eau de surface, la faune, la flore et les écosystèmes aquatiques même s’ils sont plus difficilement chiffrables en termes de coûts.
*Coûts de l'entretien hivernal avec épandage de sel de voirie (Environnement Canada)

Une expérience repétée à Saguenay
Tentée pour la première fois en 2008, l’expérience des quartiers blancs s’ést avérée très positive à Saguenay. La municipalité a d’ailleurs décidé de l’étendre à neuf autres secteurs pour 2009 et de six de plus en 2010, portant ainsi le total à 17.

« Vivre avec l’hiver » : une politique de viabilité hivernale à Sherbrooke
Le but visé par cette nouvelle inititative est d'assurer à la fois la sécurité des usagers, la maîtrise des coûts et une réduction significative de l’emploi des sels qui nuisent aux ouvrages routiers et à l’environnement.  Parmi les mesures adoptées, notons d'abord la formation des gestionnaires afin qu’ils soient en mesure d’établir la juste quantité de sel à utiliser pour traiter les différents phénomènes hivernaux. Les camions d’épandage ont également été munis de régulateur d’épandage et depuis l’hiver 2008-2009, plusieurs tronçons de route bordant les cours d'eau de la région sont traités sans sel.

Pour en savoir plus : Politique de viabilité hivernale de la Ville de Sherbrooke (PDF - 1,2 Mo)

Le secret du succès d’Otterburn Park = un effort conjoint
En 1995, cette petite municipalité a commencé à mettre en œuvre de nouvelles techniques d'épandage du sel dans ses opérations d'entretien hivernal des routes. Elle a aussi équipé ses camions existants avec de nouveaux chasse-neige plus efficaces en vertu de la logique suivante : moins de neige sur la chaussée demande moins de sel pour la faire fondre. Ces changements aurait permis à la ville d'Otterburn Park de réduire de plus de la moitié sa consommation annuelle de sel sur une période de cinq ans tout en maintenant le niveau service offert à ses citoyens. À la municipalité, on attribue le succès de l’initiative aux efforts conjoints des citoyens, qui se sont sensibilisés à la sécurité hivernale, des employés municipaux, qui ont été formés aux nouvelles techniques, et du conseil, qui a permis l'achat de nouvel équipement et la mise en œuvre de nouvelles méthodes.

Une invitation à passer à l'action à la grandeur du Québec

Photo : Gouvernement du Québec 2010

 

Afin de réduire les effets négatifs des sels de voirie sur l'environement, des partenaires gouvernementaux invitent depuis octobre 2010 les administrations publiques et privées à adhérer à la Stratégie québécoise pour une gestion environnementale des sels de voirie.  La stratégie propose une marche à suivre qui débute avec un plan de gestion basé sur les meilleures pratiques permettant d’optimiser l’utilisation des sels de voirie.

Cette initiative est le résultat de la collaboration du ministère des Transports du Québec, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, de l’Union des municipalités du Québec et de la Fédération québécoise des municipalités (cliquer ici pour plus de détails).

 Pour télécharger la brochure cliquer ici (PDF 573ko)