L’Indice Diatomées de l’Est du Canada (IDEC) - Ce que les algues racontent à propos de la Yamaska

L’Indice Diatomées de l’Est du Canada (IDEC)
Ce que les algues racontent à propos de la Yamaska
Granby, 13 octobre 2010 – Les communautés de diatomées qui vivent au fond des cours d’eau sont le reflet de la qualité de celui-ci. Depuis deux ans, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et l’OBV Yamaska sont à l’écoute des colonies présentes dans la rivière.

 

En 2009 et 2010, le Laboratoire de recherche sur les bassins versant de l’UQTR et l’OBV Yamaska ont travaillé en collaboration pour effectuer le suivi de 35 stations sur la rivière à l’aide de l’Indice Diatomées de l’Est du Canada (IDEC). Le résumé du rapport est présenté ci-après.  Vous pouvez consulter le document en entier ici (24 pages; 2,5meg).

Qu’est-ce que l’IDEC?
Les diatomées sont des algues microscopiques d’une teinte généralement brunâtre qui tapissent le fond des cours d’eau. Particulièrement sensibles aux nutriments comme l’azote et le phosphore, les diatomées sont d’excellents indicateurs de la qualité d’un cours d’eau. En comparant différentes communautés de ces algues, on obtient l’Indice des Diatomées de l’Est du Canada (IDEC) qui se traduit par une cote de la qualité des cours d’eau selon une échelle allant de « A » ( en très bon état) à « E » (en très mauvais état).
 

Les diatomées sont récoltées sur les pierres au fond des cours d'eau (photo : OBV Yamaska)

 

Résultats 2010
La meilleure qualité de l’eau fut observée dans la partie amont du bassin versant de la rivière Yamaska Sud-Est, incluant les ruisseaux North Branch et Jackson. Ces stations affichent pour la plupart une cote A, associée aux cours d’eau oligotrophes dans lesquels les concentrations en phosphore sont généralement très faible (en deçà de 0,03 mg/L). Les communautés de diatomées de ces cours d’eau correspondent aux conditions de référence (non polluées). D’amont en aval, la Yamaska Sud-Est subit une dégradation de près de 70 points, passant de la classe A à la classe D, avec une récupération momentanée à la sortie du lac Davignon, puis une dégradation importante à Cowansville, en aval du ruisseau Gear.

 

IDEC et état écologique des 35 stations échantillonnées en août 2009 et 2010

 

Valeur moyenne de l’indice IDEC des stations échantillonnées dans le bassin versant de la rivière Yamaska en 2009 et 2010

 

Valeur moyenne de l’indice IDEC des stations échantillonnées dans le sud du bassin versant de la rivière Yamaska en 2009 et 2010

De Waterloo à Granby, la qualité de l’eau de la rivière Yamaska Nord est de mauvaise qualité (classe D), à l’exception d’une récupération momentanée à la sortie du réservoir Choinière.

De Valcourt à Sainte-Pie, la valeur de l’IDEC le long de la rivière Noire diminue de 34 points, passant d’une qualité de l’eau moyenne (classe C) à une très mauvaise qualité de l’eau (classe E).

Le long du cours principal de la rivière Yamaska, du lac Brome à la confluence avec le fleuve Saint-Laurent, la valeur de l’IDEC diminue de 69 points, passant de la cote B à la cote E.

Dans l’ensemble du bassin versant de la rivière Yamaska, la qualité de l’eau se dégrade ainsi progressivement d’amont en aval. Dans les Appalaches, les rejets d’eaux pluviales et sanitaires des municipalités, les eaux de procédé et l’agriculture, moins intensive que dans la plaine du Saint-Laurent, ont pour effet de diminuer la qualité de l’eau des stations échantillonnées dont la cote varie entre A et D (qualité de l’eau de très bonne à mauvaise). Les lacs, bien qu’ils soient dans certains cas à un stade avancé d’eutrophisation, agissent en tant que bassin de décantation, ce qui améliore momentanément la qualité de l’eau à leur exutoire, qualité de l’eau qui est toutefois à nouveau rapidement dégradée en aval.

Dans la plaine du Saint-Laurent, l’impact combiné de l’agriculture intensive, des municipalités et des activités industrielles fait en sorte que les stations d’échantillonnage ont toutes une qualité de l’eau variant de mauvaise (classe D) à très mauvaise (classe E).

Bilan 2002-2010 : la qualité de l’eau en aval d'Adamsville s’améliore
Parmi les 35 stations échantillonnées en 2009 et 2010, neuf stations furent également échantillonnées en 2002 et 2003 lors du développement de l’IDEC. Dans la majorité des cas, il n’y eut pas de changement significatif dans la qualité de l’eau des stations au cours de cette période. Toutefois, la qualité de l’eau de la station située en aval d'Adamsville s’est améliorée de plus de 20 points entre 2002 et 2010 (passant d'une cote de E à une cote de C). Cette amélioration est significative et semble permanente.
 

Évolution des valeurs de l'IDEC dans le bassin versant de la rivière Yamaska entre 2002 et 2010

 

Restauration de la Yamaska : un travail à long terme
L’objectif de restauration proposé est d’augmenter d’une classe la cote de l’IDEC de chaque cours d’eau d’ici 10 ans. Les efforts de restauration nécessaires pour atteindre cet objectif seront variables d’un bassin à l’autre. À long terme, l’objectif visé devrait être d’atteindre au moins la cote B pour l’ensemble des cours d’eau.

La restauration d’une rivière est un processus à long terme qui exige des efforts soutenus. On peut considérer que le passage d’une cote inférieure à une cote supérieure de l’IDEC est un objectif ambitieux. Le passage à une cote supérieure ne se produira que si la qualité de l’eau s’est améliorée de façon substantielle. Le changement de cote nécessitera en général que des améliorations soient apportées aux systèmes de traitement des eaux usées (domestiques, municipales et industrielles), à la gestion des eaux pluviales et à la gestion des engrais domestiques. En milieu agricole, une meilleure gestion des intrants agricoles et un meilleur contrôle du ruissellement et de l’érosion des sols seront incontournables (Voir Rapport complet pour plus de détails).

Le rapport conclu qu’une amélioration de la qualité de l’eau et une augmentation significative de l’indice IDEC ne seront observables que si des mesures énergiques sont mises en œuvre pour réduire, entre autres, les concentrations en phosphore, en azote et en matières organiques dans le bassin versant de la rivière Yamaska.

 

Pour plus d’information :
Zoë Ipiña
Chargée de projet
(450) 956-1164 poste 222
info@obv-yamaska.qc.ca